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CREA-Apprendre la vie

GRéA-La vie
(Groupe de Réflexion sur éduquer et Apprendre)

K.R.A.E.T.Z.A.E -groupe de mineurs pour l’égalité enfants/adultes

Enfance buissonnière
Enfance buissonnière- le blog

https://www.enfance-libre.fr/
Obtenir l’abolition du contrôle annuel de l’éducation nationale pour toutes les familles pratiquant l’enfance libre.

descolarisation.org

https://www.youthrights.org/
NYRA- the National Youth Rights Association (association nationale des droits de la jeunesse)

Civilisation sans argent
Collectif de plusieurs groupes de réflexion sur une économie post marchande.

Eotopia
Eco-lieu et espace expérimental orienté vers une économie axée sur le don inconditionnel et le respect du vivant.

https://noubel.fr/
Jean-François Noubel se désigne comme étant
– humanonaute en route vers l’Holo Sapiens, qui explore la conscience et l’intelligence collective à venir,
– et comme terrien open source qui vit dans le don.

Cause Toujours

Pourquoi faudrait-il la relation marchande ?

L'article est en cours d'élaboration.
Mais...

Je vais commencer par citer l'extrait d'une histoire racontée dans le livre  La dette publique, une affaire rentable.  A qui profite le système ? d'André-Jacques Holbecq, 2015, p.37. Cette histoire raconte l'arrivée  de naufragés tels des Robinsons sur une île déserte  :

"[...] Chacun est prêt à utiliser ses talents, mais comment faire pour échanger les productions ? Le troc bien sûr... mais l'idée est rapidement évacuée car il suppose une réciprocité immédiate dans l'échange peu compatible avec la variété des biens et des services disponibles. Il faudrait de l'argent... Mais les cartes de crédit et de paiement de nos Robinsons ne sont ici d'aucune utilité.  Les voilà dans une situation plutôt étrange. Tout est là pour vivre dans la suffisance et l'harmonie sur cette île, mais il n'y a pas d'argent. Qu'à cela ne tienne ! Il suffit de créer une monnaie qui aura cours sur l'île et que tous les colons aurait obligation d'accepter en paiement."

Mais pourquoi faudrait-il créer une monnaie si tout est là pour vivre dans la suffisance et l'harmonie  ? Pourquoi faudrait-il marchander ? Pourquoi faudrait-il le troc et s'obliger la réciprocité immédiate dans l'échange ? D'ailleurs il en est de même avec la monnaie. Je l'échange de manière immédiate contre un bien ou un service.
Pourquoi apparaît-il comme évident qu'il ne puisse pas en être autrement ? Pourquoi la plupart d'entre nous ne sont-ils pas interloqués de voir ces deux phrases se suivre ?

Thèmes à venir

Relations marchandes : définition

monnaies locales, économie circulaire, monnaie libre, etc.

TROC

La monnaie : un simple outil ? Un moyen ? Une énergie qui circule ?

Mesure, démesure

Se faire avoir ?

Compter ?

Donner/recevoir

Échange, don/contre-don, accès, ressources.

Produire sans système marchand

(In)dépendance financière ?

contribution

Être utile

Mérite

Redevable, être en dette ?

Peur

Rapport à l'argent : "T'as un problème avec l'argent !" ou est-ce l'argent le problème ?

Richesse

Valeur

Comment font les autres être vivants ?

L'argent facilite-t-il  les échanges ? En empêche-t-il ?

L'autonomie et l'interdépendance juste et un système marchand ?

Activités bénévoles et activités marchandes : leur coexistence

...

Pour commencer l'exploration

BD

"Suite à une manipulation hasardeuse, le Grand Schtroumpf tombe malade. Afin de lui rapporter un médicament, un Schtroumpf se rend dans le monde des humains et est, pour la première fois, confronté à l'argent. Fasciné, il décide d'introduire, dans le village Schtroumpf, un système monétaire. D'abord amusés par la nouveauté, les Schtroumpfs comprennent vite les inconvénients de ce système !"

BD

Une jeune fille un peu trop curieuse comprend, suite à la découverte d'un bijou énigmatique, que sa grand mère est un personnage étudié dans les livres d'Histoire. Devant l'insistance de la petite fille, la grand mère (alias Joanne Lebster dans sa jeunesse) lui raconte alors les coulisses d'une évolution majeure pour l'humanité...

Entretien Marc Chinal - Joanne Lebster

LIVRE

L'auteur imagine une crise financière qui, en 2029, mettrait à bas tout le système financier international. Du jour au lendemain, nous serions privé de toute monnaie, sous quelque forme que ce soit. Et si la société civile s'organisait pour s'en passer définitivement, passant ainsi de la société marchande à une société sans argent...?

Pourquoi faudrait-il punir ?

…sanctionner et récompenser (l’envers de cette médaille)  ?

En cours d’élaboration

Cette question amène à  interroger  les principes de justice, d’individu-société, d’individuation, d’individualisation, de limite, de sentiment d’exister, de bien commun et des biens communs, de contrat social, de loi, règlement, chartes, de vengeance etc.
Il est question aussi d’autonomie, d’interdépendance, de justesse et de l’affirmation-injonction d’être soi-même.

Quelques éléments en attendant

Livres

Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l’abolition du système pénal, Catherine Backer

Le juste, la justice et son échec, Paul Ricoœur

Où est passé le bien commun ?, François Flahault

Le sentiment d’exister, François Flahault
Possible de le lire en ligne.

Be yourself ! Au delà de la conception occidentale de l’individu, François Flahault

Les refusants. Comment refuse-t-on de devenir un exécuteur ?, Philippe BRETON

Statut de mineur ?

En cours d’élaboration :

Il est question notamment d’âgisme, d’adultisme, de domination adulte, du statut social et juridique qui en découlent.

Quelques éléments en attendant :

Livres
Pour l’abolition de l’enfance , Shulamith Firestone.
S’évader de l’enfance, John Holt
La domination adulte. L’oppression des mineurs, Yves Bonnardel. + vidéo (1h12)
Les enfants d’abord, Christiane Rochefort

A paraître très prochainement Qu’est-ce que l’âgisme ? , Elfi Reboulleau.

« L’idée de donner autant de droits aux enfants qu’aux adultes fait réagir. Elle peut sembler irréaliste, infondée, portée par des sortes de grands enfants eux-même ayant perdu le sens dL’image contient peut-être : 1 personne, assis et textees responsabilités, et qui prendraient dangereusement les jeunes pour de petits adultes. Or, il n’en est rien et la logique qui sous-tend cette méprise est plus qu’intéressante à décrypter. Elle implique implicitement l’idée selon laquelle nous, citoyens bénéficiant de certains droits, ne pourrions considérer comme nos égaux que nos semblables. Non, les enfants ne sont pas à tous les égards pareil aux adultes. Leur être en croissance, leur développement physique, cognitif et affectif particulier leur confère une spécificité. Néanmoins cet état d’enfance ne définit pas leur identité : ils sont avant tout des êtres humains. Tout comme quelqu’un à la peau noire n’est pas « un noir », ou un être porteur d’un handicap « un handicapé », les enfants sont d’abord des personnes, avec des caractéristiques qui peuvent différer de celles de la majorité, ou simplement de celles d’un minorité au pouvoir qui a le privilège de décider de qui peut bénéficier ou pas des même droits qu’elle. »

Revues

LABORDAGE, revue critique de l’âgisme

N°1 -mars 2012 du magazine GAMIN !

Associations

K.R.Â.T.Z.A.E
Groupe allemand qui agit pour l’égalité entre les enfants et les adultes.

DIKEOS
Association à but non lucratif ​dont l’objectif principal est de générer une réflexion sur la notion d’âgisme et sur les discriminations liées à l’âge des personnes, en particulier des personnes mineures.

 L’enfance buissonnière

Vidéos
Les enfants aussi ont des droits
Film documentaire de 1979 (14 min)

Bolivie, l’enfance au travail
Film documentaire de 2015 (52 mn)

Cireurs de chaussures, vendeurs ambulants, laveurs de pare-brise : en Bolivie, les enfants et adolescents travailleurs sont partout. Ils seraient 850 000 dans le pays, soit un enfant sur trois. Ces activités étaient autrefois illégales mais, depuis juillet dernier, les petits Boliviens peuvent officiellement travailler dès l’âge de 10 ans. Cette nouvelle loi a été adoptée par Evo Morales sous la pression d’un syndicat d’enfants travailleurs qui a mené campagne pour l’abaissement de l’âge légal. La décision du président bolivien relance le débat sur le travail des enfants. Faut-il interdire le travail des enfants au risque de nier la réalité économique de la société ou, au contraire, le légaliser pour mieux l’encadrer et tenter ainsi de protéger les plus vulnérables ? Enquête.

De : Jean-Baptiste Jacquet

La fin de l’éducation? Commencements…

FE_2014La fin de l’éducation ? Commencements…

Jean-Pierre Lepri
—————————————–
L’éducation, personne n’y échappe, très peu en réchappent.
À l’école, en famille, dans la rue, au travail, à la télé…

Pourquoi ces éducations-formations ?
À quelle fin (quelle finalité) ?
L’éducation, je la trouve en naissant, mais elle n’a pourtant pas toujours existé.
Et il n’est pas dit qu’elle va durer. Pour plusieurs raisons.

Quelle fin (quelle disparition) prévisible pour l’éducation ?
Alors,vivre sans éducation ?
Moins bien ? Mieux ?
Pourquoi ? Comment ?

Des clés pour mieux comprendre
les effets collatéraux de mes éducations.
Pour vivre lucide et tranquille
et pour…

Pourquoi faudrait-il… ?

La question Pourquoi faudrait-il… ? a l’avantage de faciliter l’autonomie. Elle facilite la réflexion, la prise de recul pour regarder des représentations et les comportements qui en découlent. Elles apparaissent le plus souvent comme des évidences, comme « naturelles » car elles imprègnent le milieu dans lequel je grandis et duquel j’apprends. Le faudrait-il aide à passer d’un état hétéronome à celui d’autonome en invitant à débusquer les pensées et les actes perpétués par injonction ou « parce qu’il en a toujours été ainsi » et non parce que je sais pourquoi je pense ainsi et choisis d’agir ainsi. Elle facilite l’extraction du schéma binaire du bien et du mal et la compréhension de la justesse. Elle a l’avantage de mettre en évidence les faits.

Voir aussi la page Né de Pourquoi ?

Né de Pourquoi ?

Le Concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu

Un livre dont on parle depuis 15 ans, enfin disponible en français ! Une manière révolutionnaire d’élever nos enfants… naturellement. Au plus profond de la jungle du Venezuela, Jean Liedloff fait la rencontre d’une tribu d’indiens vivants encore à l’âge de la pierre. Fascinée par le bonheur reflété par ces indiens « primitifs », elle passera deux ans et demi avec eux pour comprendre la cause de leur vie si heureuse et harmonieuse. A la douce: Ma bibliothèque idéaleCette expérience ébranlera totalement ses convictions occidentales et l’amènera à un point de vue radicalement différent sur la nature humaine et l’éducation dictée par nos sociétés « civilisées ». Le concept du continuum nous montre comment nous avons perdu notre bien-être naturel en laissant l’intellect prendre le pas sur notre instinct. Il nous montre également comment retrouver cette harmonie pour nous-mêmes et nos enfants. Une véritable prise de conscience pour tous les acteurs de notre société ! Un livre absolument indispensable à tous les parents ou futurs parents !

livres

https://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/pour-en-finir-avec-l-economie-9782372630092/
https://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/l-invention-de-l-economie-9782226158864/
https://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/justice-sans-limite-9782213614991/

https://wikirouge.net/D%C3%A9sargence

J’ai découvert que l’école n’est pas obligatoire

En 2011, mes deux fils, leur père et moi nous sommes offerts l'aventure  de la  déscolarisation  (l'instruction en famille (IEF)). Cela a été pour nous le moyen légal de sortir de l'école mais pas de la relation forcée avec l’Éducation nationale. Procréer aboutit dans notre société à un mariage forcé avec l’Éducation nationale pendant 13 ans pour chaque progéniture (le pour signifiant à la fois la progéniture elle-même et ses procréateurs).
Ne pas déclarer l'instruction en famille reste le moyen illégal (selon la loi illégale française) pour ne pas subir ce type de relation. C'est une situation qui n'est pas confortable non plus car elle présente des inconvénients majeurs. Pour autant je ne  défends pas l'instruction en famille.   Au regard des représentations qui régissent l'institution  familiale dans notre culture, il est aisé de dire qu'elle est, le plus souvent,  le lieu privilégié  de la domination adulte et de l'éducation. Les majorité des parents sont les collaborateurs, les  complices des autres institutionsAujourd'hui, nous apprenons à être en relation autrement. Ce mouvement vers l'autonomie et la liberté pour apprendre est  le fruit de cet apprentissage toujours en cours.   Cette liberté pour apprendre  inclue celle d'aller  à l'école si cela est le choix des premiers.ères concerné.e.s.  

La liberté pour apprendre c'est apprendre ce que je veux, quand je veux, où je veux et avec qui je veux.

Apprendre

Apprendre

Je retranscris des extraits (pages 85 à 94) des écrits de Jean-Pierre Lepri dans La fin de l'éducation ? Commencements... qui relatent ce que j'ai observé en moi et que je trouve écrits de telle sorte que je ne ressens pas l'utilité d'en élaborer d'autres.

Apprendre, c'est vivre... et inversement

 

[...]

Qu'est-ce qu'apprendre ? C'est bien sûr, « prendre avec soi », « incorporer » en quelque sorte. Mais autour de cette définition sommaire, voici quelques réflexion, complémentaires inspirées par l'expérience de l'apprendre.

1- Longtemps, j'ai pensé qu'enseigner et apprendre étaient les deux faces d'une même médaille. Qu'on ne pouvait pas apprendre sans être enseigné et qu'on enseignait pour faire apprendre — ou pour aider à faire apprendre. Que ce qui devait être appris devait être enseigné et que ce qui était enseigné était destiné à être appris. C'est d'ailleurs sur ce postulats que se fondent toutes les éducations, dans le monde et à travers l'histoire.
Or, il s'agit pourtant d'opérations distinctes. J'ai appris bien des choses qui ne m'ont pas été enseignées. Et, sans doute, beaucoup plus de choses enseignées, même plusieurs fois, n'ont pas été apprises. On peut être enseigné et ne pas apprendre, comme on peut apprendre sans être enseigné. La première remarque, à l'encontre de ma représentation initiale, est que

Apprendre est un acte distinct de celui d'enseigner.

2- Les apprentissages ne sont pas proportionnels ou reliés nécessairement aux efforts d'enseignement. Il n'existe pas de relation univoque et permanente entre l'apprendre et l'enseignement. Je peux apprendre beaucoup avec très peu d'enseignement, voire pas du tout — et n'apprendre rien ou peu d'une profusion de moyens d'enseignement.
Apprendre est indépendant de l'enseignement.

3- « Les enfants apprennent par le sens des choses qu'ils veulent comprendre. Ils sont "informavores". Ils se nourrissent de connaissances. » J'apprends ce qui a du sens pour moi. Alors que « le statut légal de l'éducateur est de moraliser et de s'interposer d'autorité entre moi et quoi que j'aie envie d'apprendre» .

4- Pendant le processus d'apprendre, je peux être aidé ou, à l'inverse, être perturbé, voire en être empêché par des activités d'enseignements. Il y aurait même, selon certains, une relation inverse entre l'acte d'enseigner et celui d'apprendre : « Plus le maître enseigne, moins l'élève apprend » [...] L'enseignement peut être un obstacle à l'apprendre et cela n'a pas à voir avec les « qualités » de l'enseignement ou de l'enseignant. [...]

5- Apprendre est innée. C'est une fonction naturelle, comme le sont respirer, digérer... Je ne peux pas ne pas apprendre, comme je ne peux pas ne pas respirer ou ne pas écouter. Si, dés la naissance, je n'apprends pas les « gestes » de ma survie dans le milieu où je nais, je ne survis précisément pas. [...]. J'apprends à chaque instant, c'est-à-dire que je me comporte, spontanément et inconsciemment , à chaque minute nouvelle et originale, avec le prisme de la mémoire de mes expériences précédentes, de manières à « survivre » (au sens large du terme) dans cette nouvelle situation. [...] . Apprendre ne s'apprend pas. Mêmes dans les méthodes qui se proposent de me faire « apprendre, à apprendre », le premier apprendre de l'expression, sous-entend cette faculté première d'apprendre — celle qui est là, naturellement ; sinon qui m'apprendra cet apprendre ?
Apprendre est un instinct, permanent, lié à la vie même.

6- [...] Nul ne peut (m')empêcher d'apprendre — mis, comme on peut perturber ma respiration, on peut perturber mon apprendre (ce que fait l'éducation).
Apprendre est inévitable et gratuit.
On ne peut m'empêcher d'apprendre.

7- [...] Apprendre est illimitée.

8- Apprendre, c'est entrevoir un obstacle pour ensuite le franchir. Ce qui fait difficulté, dans un premier temps, me devient, lorsque j'ai appris, familier, voire invisible. Ce que j'ai appris n'existe pas sans moi, j'en suis indissociable et indissocié. Il n'existe d'ailleurs aucun savoir qui se promènerait tout seul, autonome, sans un être humain qui le porte. Même les connaissances dans des livres ou dans des films ne sont pas sans lecteur ou spectateur. Sans lui, ce ne sont que papier encré, bobines de celluloïd ou marques sur un disque dur. Quand j'ai appris, je ne fais qu'un avec mon savoir, avec ma compétence. Littéralement, je « fais corps » avec ce que j'ai appris : l'écrivain a ainsi incorporé les mots, le menuisier le bois...
Apprendre, c'est incorporer.

9- J'apprends seul : personne ne peut apprendre pour moi, à ma place. Mais si j'étais tout seul, je n'apprendrais pas grand-chose — si ce n'est à vivre tout seul. [...] J'apprends de mon environnement, dans ma mission vitale et réflexe d'y survivre. [...].
J'apprends seul, mais des autres et du monde.

10- Apprendre à faire quelque chose que je ne sais pas faire, c'est faire cette chose que précisément je ne sais pas faire. Je n'ai pas d'autre voie [...]. Je dois faire ce que je ne sais pas encore faire pour apprendre à le faire. Alors que mon attitude de pédagogue me conduit le plus souvent à simplifier, à simuler, voire à dire comme cette « bonne » maman : « tu iras à la piscine lorsque tu sauras nager » [...]
Apprendre, c'est faire (mal) ce que je ne sais pas encore faire.

11- Je ne vois rien du processus même d'apprendre. Je vois lorsque j'ai appris, mais je ne vois pas ce qui se passe quand je suis en train d'apprendre. En fait, le processus commence dès que je rencontre quelque chose de nouveau pour moi que je ne sais pas encore comment « traiter » — ce qui suppose que ce nouveau a aussi une signification pour moi. Tout ce que je peux observer, c'est que quelqu'un (ou moi-même) a appris. Mais je ne peux dire qu'il n'apprend pas ou n'est pas en train d'apprendre — quelles que soient ses prestations, « piteuses » ou « réussies ». [...]
Apprendre est invisible.

12- Si j'attends d'être prêt pour apprendre, je ne serai jamais prêt. Il me faut donc incorporer (cf. 8, ci-dessus) un obstacle qui , pour pouvoir l'être, ne doit m'être ni écrasant, ni inconsistant. Chacun n'apprend pas la même chose devant le même obstacle, bien que j'apprenne de quoi que ce soit (puisqu'apprendre est permanent). J'apprends mieux et plus toutefis lorsque l'obstacle se situe dans la zone prochaine de développement : ni trop éloigné, ni trop proche de mon état actuel. Au-delà, je suis « écrasé » et que je ne dois pas encore m'y frotter, dans l'état actuel de ma compétence. En deçà, je sais déjà et je n'apprends rien de plus — sinon qu'il me vaut mieux éviter ce genre d'activité sans intérêt pour moi. D'ailleurs, une activité ni trop difficile ni trop simple pour moi m'attire spontanément — sans nécessité d'un maître qui saurait, mieux que moi, m'y conduire.
J'apprends lorsque j'apprends entre dans ma zone prochaine de développement.

13- Je n'apprends que si j'ai conscience d'avoir quelque chose à apprendre. Si je ne l'ai pas, les événements se chargeront probablement de me le dire. Cette conscience semble un préalable nécessaire, qu'elle qu'en soit son origine. Mon cheminement dans l'apprendre passe par quatre stades où je suis successivement :

inconsciemment incompétent,
consciemment incompétent,
consciemment compétent,
inconsciemment compétent (l'incorporation)

Donc, la prise de conscience — stade 2 — est la clé de l'apprendre. Tout ce que je pourrai faire en sa faveur sera déterminant dans la suite logique du processus. C'est même, sans doute, le seul point à propos duquel une influence extérieure pourrait avoir su sens. Cette « conscience » peut être claire et explicite ou cachée et implicite, paradoxalement « inconsciente » en quelque sorte. Si non, pourquoi apprendrais-je ?
La « conscience » même diffuse, que j'ai quelque chose à apprendre est la clé de mon apprendre.

14- J'ai longtemps cru qu'apprendre était ajouter, augmenter, des connaissances, des compétences ou des... (peu importe quoi). La majorité des systèmes sociaux et personnels sont construits sur ce postulats, surtout les systèmes dits d'éducation. C'est même leur fondement : un empilement « progressif » de nouvelles connaissances. Pourtant, je trouve rapidement évident, familier, naturel, ce que j'ai appris, comme si cela existait depuis toujours. Et effectivement, cela existait avant que je ne le découvre, cela était déjà là. Apprendre n'a donc été, pour moi, que dé-couvrir ce qui était couvert ou recouvert pour d'autres ou peut-être pas encore. Je n'ai fait que voir ce qui était déjà là. Quelle tranquillité ! Si j'avais une intention à propos de quelqu'un, je sais qu'il ne peut pas ne pas voir, un jour, ce qui est déjà là — pourvu qu'il y soit, bien sur. Chacun voit ce qu'il « peut » voir — ce « pouvoir » étant le résultat d'une histoire personnelle dans un milieu social particulier. Apprendre, c'est donc dé-voiler, c'est dé-couvrir : enlever le voile qui masque, enlever ce qui couvre, ce qui empêche de voir.
Apprendre, c'est voir ce qui était déjà là et que je ne voyais pas encore.

15- J'éprouve une sensation de bien-être quand j'apprends. Apprendre comporte sa propre « gratification » endogène —[...]. Je ressens, en effet, du plaisir à apprendre : aucune autre récompense ne m'est nécessaire. Les neurologues confirment que lors de l'activité d'apprentissage, il y a production de dopamine et de sérotonine — lesquelles, associées, sont bien les neurotransmetteurs d'une tonalité euphorique. A tel point qu'on les testerait même comme de possibles accélérateurs d'apprentissages.
Apprendre (en soi) m'est un plaisir.

Apprendre est donc un acte inné, autonome, permanent et plaisant, pour tout être humain.

[...]